Performance, qualité, notoriété : les 3 leviers clés pour améliorer votre référencement naturel
— Publié le 18 janvier 2025
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Le numérique est aujourd’hui responsable d’environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un chiffre en constante augmentation. L’impact environnemental des sites web, bien que souvent invisible pour l’utilisateur, est réel : chaque requête, chaque image et chaque ligne de code mobilisent des serveurs énergivores. Dans ce contexte, les géants du web, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), jouent un rôle central en définissant les standards du web moderne.
S’ils mettent en avant des initiatives pour optimiser les performances de leurs plateformes, sont-ils réellement exemplaires en matière de sobriété numérique ? Cet article analyse leur impact sous l’angle de certains critères de développement et de design des interfaces web.
Le poids moyen d'une page web a été multiplié par 20 en deux décennies, atteignant aujourd'hui 2 Mo en moyenne. Cette inflation est en partie due aux nombreuses bibliothèques JavaScript, aux images haute définition et aux trackers. Dans ce contexte, quelle est la part des plus grosses entreprises du web ?
Entrons dans le vif du sujet. D'un point de vue technique, Google et Facebook, malgré leurs efforts d'optimisation, utilisent des systèmes de préchargement qui augmentent la consommation de ressources. Cette méthode consiste à charger des éléments de manière prévisionnelle, afin d'accélérer leur affichage au cas où le visiteur en aurait besoin. L'inconvénient, c'est que les sites chargent ainsi une grande quantité de données que la plupart des utilisateurs n'utiliseront même pas : ça représente une sursollicitation des serveurs, augmentant ainsi l'impact environnemental.
De la même manière, YouTube charge des vidéos en arrière-plan avant même que l'utilisateur ne les regarde. Autrement dit, que l'utilisateur consulte une vidéo ou non, celle-ci est déjà chargée et prête à être lue : une forme d'abondance qui se paye d'autant plus cher du point de vue de l'énergie consommée puisque la plateforme est l'une des plus visitées au monde (77,9 milliards de visites par mois selon Semrush, janvier 2025).
Apple, de son côté, conçoit des interfaces plus épurées, mais ses animations lourdes et ses visuels en haute définition pèsent sur les performances. Pourtant, le développement de composants d'interface sur-mesure, légers et performants, est possible, sans rogner sur la qualité graphique et l'expérience utilisateur. Le site officiel Apple est probablement celui qui dispose de la plus grande marge de manœuvre pour optimiser son interface et réduire son impact environnemental.
Il faut noter que tous ces sites ont des utilisations radicalement différentes : Google, Facebook et YouTube sont devenus des sites utilisés quotidiennement par une grande partie de la population. Cependant, en tant que moteur de recherche, Google se confronte indéniablement à moins de contraintes techniques en termes d'interfaces (moins de médias, moins d'enjeux de rétention, etc.). Facebook et YouTube embarquent inévitablement des notions de rétention en poussant les utilisateurs à rester sur leurs plateformes et consommer toujours plus de contenus techniquement lourds. Quant à Apple, si l'on se cantonne au site officiel de la marque et que l'on met ses nombreux autres services de côté, il s'agit avant tout d'un site de marque présentant leurs produits, soit des enjeux totalement différents et une toute autre utilisation.
Les frameworks JavaScript comme React (Facebook) et Angular (Google) ont été créés pour faciliter et étendre les capacités de développement. Depuis les années 2010, ces technologies se sont imposées comme des standards dans le développement web moderne. En 2013, Facebook a lancé React, permettant aux développeurs de concevoir des interfaces dynamiques et interactives. Google, de son côté, a introduit AngularJS en 2010 avant d’en publier une refonte complète en 2016 avec Angular, visant à structurer les applications complexes. Ces frameworks ont rapidement gagné en popularité : aujourd’hui, React est utilisé par plus de 40 % des développeurs front-end, et Angular reste un choix courant dans les grandes entreprises.
Ces frameworks ajoutent une couche de complexité qui augmente le temps de chargement. Un site construit en React peut inclure plusieurs centaines de kilo-octets de code inutile, et pour cause : un framework ("cadre" en français), quelque soit son langage ou sa nature, joue le rôle de socle technique plus ou moins complet qui fournit des fonctionnalités, des composants et/ou des briques techniques pré-développés, prêts à l'emploi. Plus il y a de briques, plus il y a de chances que le site développé n'ait pas besoin de les utiliser toutes, ce qui amène à charger des fichiers et des ressources inutilement.
Paradoxalement, Google promeut son outil d'analyse Lighthouse pour évaluer la performance des sites, tout en encourageant l'usage de technologies qui alourdissent les interfaces. C'est là que se pose la question : est-il possible de combiner performance, systèmes complexes et sobriété ? Spoiler : oui. Mais alors, l'usage de frameworks et bibliothèques JavaScript comme React et Angular est-il obligatoire pour développer un site internet digne de ce nom ? Spoiler : non.
L'accessibilité numérique vise à rendre les sites web utilisables par toutes les personnes, y compris celles en situation de handicap. Depuis les années 2000, des référentiels comme les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) ont été développés pour garantir une meilleure prise en compte des besoins spécifiques. En France, c'est le RGAA (Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité), créé en 2009 et régulièrement mis à jour depuis, qui est la référence en la matière. Selon une étude de WebAIM en 2023, 96,3 % des pages web contiennent encore des erreurs d’accessibilité. Ces erreurs détectées se répartissent en 5 grandes catégories :
Ce constat montre que le chemin à parcourir reste long pour les éditeurs de site web en général, mais aussi et surtout pour les acteurs majeurs du web. Pour en apprendre plus sur le handicap et la mise en oeuvre d'un site web plus accessible, découvrez notre page dédiée à l'accessibilité web.
Si les GAFAM suivent les standards américains WCAG, certains choix de design nuisent à l'accessibilité. En particulier, les animations excessives et les interfaces trop complexes rendent la navigation difficile pour les personnes souffrant de troubles cognitifs. Bien que des fonctionnalités comme le mode contraste élevé existent, elles ne compensent de loin pas à elles seules les problèmes engendrés par une obésité fonctionnelle.
Un exemple frappant est le site d’Amazon, qui surcharge ses pages d’éléments interactifs, de pop-ups promotionnels et d’annonces contextuelles. Cela crée une expérience confuse et peut générer une navigation particulièrement difficile pour les utilisateurs ayant des déficiences visuelles ou cognitives. Par ailleurs, l’abondance de contenus dynamiques et l’absence de navigation simplifiée rendent la consultation du site peu intuitive pour les publics ayant des besoins spécifiques.
Plusieurs outils permettent d’estimer l’empreinte carbone d’un site web. Parmi eux, WebsiteCarbon est l’un des plus populaires. Il analyse une page donnée en tenant compte de divers facteurs comme la quantité de données transférées, la source d’énergie du serveur d’hébergement et l’efficacité du code. Cependant, cet outil ne donne qu’un aperçu partiel, car il ne mesure qu’une seule page à la fois et ne prend pas en compte l’ensemble des parcours utilisateur.
Pour obtenir une analyse plus complète, il est essentiel de combiner plusieurs outils comme EcoIndex ou GreenFrame, qui évaluent la consommation énergétique sur plusieurs pages et scénarios d’utilisation. Pour analyser l’empreinte carbone d'un site web de manière complète et approfondie, il est nécessaire de consulter un expert pour la réalisation d'un audit d'éco-conception complet, incluant les requêtes serveurs, l’optimisation des ressources front-end ou encore l’analyse des infrastructures d’hébergement.
Cette analyse rapide ne porte que sur les pages d’accueil des sites des GAFAM. Elle ne prend pas en compte les pages internes qui peuvent être bien plus gourmandes en ressources (comme les résultats de recherche, les flux d’actualités ou les pages de produits). De plus, nous ne mesurons pas ici l’impact des infrastructures sous-jacentes comme les centres de données et les pratiques de cache côté serveur. Pour une analyse plus précise de l'activité, il serait essentiel de coupler ces résultats avec d’autres indicateurs tels que la consommation énergétique des datacenters ou l’empreinte carbone des requêtes serveurs.
Bien que Google affiche un excellent score sur la page d’accueil, ce résultat ne reflète pas la réalité de l’ensemble du moteur de recherche. Une étude de 2019 estimait qu’une seule recherche Google émet entre 0,2 et 7 g de CO₂ selon la complexité de la requête. La majorité de cette empreinte provient de la puissance de calcul nécessaire pour indexer et trier des milliards de pages web en quelques millisecondes. Google compense une partie de son impact en investissant massivement dans les énergies renouvelables, mais son empreinte globale reste significative.
Apple mise sur une interface minimaliste et fluide, mais cela ne signifie pas pour autant que son site est sobre. Ses pages regorgent d’animations haute définition et de visuels en ultra-HD, nécessitant des fichiers volumineux. Bien que la marque s’engage pour une neutralité carbone d’ici 2030, la production de contenu riche sur son site entraîne une charge importante en bande passante et en traitement serveur.
La page d’accueil testée par WebsiteCarbon ne reflète pas l’empreinte réelle du réseau. Une étude de 2020 estimait qu’un utilisateur moyen de Facebook générait environ 299 g de CO₂ par an, rien qu’en interagissant avec la plateforme. Chaque fil d’actualité est personnalisé en temps réel, impliquant une consommation importante de calculs serveurs et de stockage de données multimédia. De plus, les vidéos en lecture automatique, omniprésentes sur la plateforme, augmentent encore la consommation d’énergie.
Amazon affiche l’un des scores les plus élevés en termes d’empreinte carbone. Son site regorge de scripts de tracking, d’images haute résolution et de recommandations personnalisées qui nécessitent de nombreuses requêtes serveur. Au-delà des interfaces web, il faut noter la charge des entrepôts, de la logistique et des livraisons qui alourdissent encore l’impact global de l’entreprise. Amazon a annoncé des initiatives pour réduire son empreinte carbone, mais la complexité de son modèle économique rend cette transition difficile.
Microsoft possède un site dense, avec une grande quantité de services en ligne. Bien que sa page d’accueil soit relativement bien optimisée, ses services cloud comme OneDrive et Teams sont énergivores, stockant et transférant de grandes quantités de données. Microsoft compense son impact en s’engageant à devenir carbone négatif d’ici 2030, ce qui en fait l’un des GAFAM les plus ambitieux sur le sujet.
Les résultats bruts de WebsiteCarbon placent Google et Facebook en tête des entreprises les plus "vertes" sur leur page d’accueil, mais cette approche est trompeuse. Si l’on prend en compte l’ensemble de leur empreinte numérique, la situation est bien plus contrastée :
Si l’on devait désigner le GAFAM le plus attentif à l’impact environnemental de ses interfaces web, Microsoft semble être celui qui prend les engagements les plus forts en matière de réduction de son empreinte carbone. Cependant, l’efficacité réelle de ces engagements dépendra de la mise en œuvre effective de ses promesses.
Ce comparatif met en lumière la nécessité d’une analyse approfondie et personnalisée pour mesurer avec précision l’empreinte carbone d’un site web. Se baser uniquement sur un test rapide de page d’accueil ne suffit pas à évaluer l’impact réel d’une plateforme numérique. Les entreprises doivent aller plus loin en optimisant leurs infrastructures, en réduisant le poids des contenus multimédias et en minimisant la surconsommation de ressources inutile.
De plus, les éléments d'analyse apportés dans cet article (poids des pages, frameworks, accessibilité) ne sont qu'un échantillon des nombreux facteurs impactant l'empreinte carbone des interfaces web. Nous évoquerons et analyserons dans un futur article d'autres critères tels que l'obésité fonctionnelle, les "dark patterns", les parcours utilisateurs, l'impact des polices et des visuels, l'optimisation du code source et des ressources, ou encore l'alternative des sites statiques et frameworks légers.
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— Rédigé le 21 février 2025 par Gauthier Ressel, expert en web performance et qualité web, fondateur de Superflux 🚀
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